Que serait une bonne politique d’immigration ? Clairement pas la politique actuelle.
Philippe de Villiers, Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret ont parlé d’ « immigration zéro ». Certes, à court terme, pendant qu’on résorbe le trop-plein laissé par des décennies de laxisme migratoire, ça peut être une bonne idée. Mais est-ce une politique tenable à long terme ?
Pour répondre à cette question, on peut imaginer que la France entière soit la propriété privée d’un seul homme. Par exemple, un Roi qui veut léguer son royaume à ses descendants en meilleur état qu’il ne l’a lui-même hérité de son père. Quelle serait la politique migratoire d’un Roi qui veut maximiser la valeur future de son royaume ?
D’abord, il empêcherait l’émigration de ses sujets les plus productifs. Les cerveaux tentés de s’enfuir se feraient tirer dessus à la frontière.
Ensuite, il expulserait ses sujets les plus indésirables : criminels, mendiants, clochards, vagabonds, vandales, chômeurs, RMIstes, etc. À ce sujet, le philosophe allemand Hans-Hermann Hoppe rappelle que la reine Victoria et ses prédécesseurs ont trouvé tout naturel d’expulser plus de 150 000 criminels britanniques vers l’Australie.
Au niveau de l’immigration, le Roi fermerait ses frontières à la grande masse des immigrés. Il y aurait aussi des fusils à la frontière pointés vers l’extérieur pour repousser toute tentative d’invasion.
En même temps, le Roi laisserait entrer les étrangers les plus intelligents, les plus honnêtes, les plus travailleurs, les plus beaux, les plus qualifiés, les plus charmants, les plus culturellement assimilables et les plus riches. Car ceux-ci augmenteraient la valeur à long terme de son royaume.
On verrait donc l’émergence d’un système de quotas très restrictif, avec sans doute un système à points comme au Canada.
On peut aussi imaginer que le Roi mette tout bonnement la nationalité aux enchères. En effet, les étrangers qui ont des qualités sont capables de les utiliser sur le marché du travail afin de gagner une fortune, qu’ils dépensent ensuite afin d’acheter (pour eux-mêmes et pour leurs enfants) la nationalité dont ils rêvent. Une bonne nationalité devrait coûter plusieurs millions d’Euros. Ces sommes serviraient directement à payer tous ces garde-frontières chargés de défendre le territoire contre les assauts des immigrés clandestins. Ainsi la boucle est bouclée avec élégance…
Indépendamment de la technique de sélection des candidats à l’immigration, l’important est que les quotas d’admission soient les plus petits possible. En effet, quel que soit le critère, à partir du moment où il y a très peu de places, ce seront les plus entreprenants, les plus intelligents et les plus motivés qui élimineront leurs concurrents. Il y aura donc une sélection naturelle d’où émergeront les meilleurs candidats. Plus les quotas seront bas, plus la qualité moyenne des immigrés sera élevée.
Tous les problèmes d’immigration peuvent donc être résolus si on réduit suffisamment les quotas d’entrée.
C’est ce que les États-Unis ont fait de 1926 à 1965. Ils avaient une politique d’immigration très laxiste avant 1926 et après 1965, mais entre les deux, les quotas étaient très stricts. C’est pour cela que le film « Green card » avec Gérard Depardieu en 1991 est une aberration. Dans ce film, Gérard Depardieu est prêt à tout pour décrocher un titre de séjour américain (la fameuse carte verte). Si ce film avait été situé dans les années 1950, OK. Mais en 1991 n’importe quel imbécile pouvait rentrer aux États-Unis, même Depardieu.
Les Juifs d’Europe Centrale qui ont émigré vers les USA à l’époque de la Seconde Guerre Mondiale ont été soumis à ces quotas très strict. Ils ont un QI moyen sensiblement plus élevé que les mêmes Juifs qui ont émigré vers Israël, où il n’existait pas de quota.
De même, les immigrés venus d’Inde ayant débarqué aux USA avant 1965 ont eu de remarquables succès dans les emplois les mieux qualifiés. Une étude a été menée par des étudiants en économie pour essayer de prédire si un candidat qui se lançait dans un troisième cycle d’économie allait réussir à décrocher son Doctorat. Elle révéla que ceux originaires d’Inde avaient une probabilité de succès bien plus forte que les autres. C’était même le meilleur facteur prédictif de réussite, plus puissant que l’âge, la profession des parents, ou les notes obtenues en Licence.
Maintenant, ces Indiens-là ont horreur du stéréotype de l’Indien aux USA, représenté par le personnage Apu, qui tient l’épicerie du coin dans le dessin animé « Les Simpson ». Apu est représentatif des immigrés arrivés d’Inde après 1965.
En conclusion, à long terme, l’immigration zéro n’est pas le moyen de maximiser la santé d’un pays. Il faut des quotas migratoires minuscules, rabougris, infinitésimaux. Les éliminer complètement n’est pas désirable, car la qualité moyenne des immigrés est inversement proportionnelle à la taille des quotas.
Juste une petite remarque : la politique d’émigration et d’immigration suivie par la démocratie française actuellement est exactement à l’opposé de celle qu’un Roi sage et soucieux d’augmenter la valeur de son royaume suivrait. Nos dirigeants politiques font fuir les cerveaux et les riches, dorlotent les chômeurs et les RMIstes, et laissent la porte ouverte à tous les immigrés, surtout les moins qualifiés. En somme, la politique d’émigration/immigration suivie en démocratie a pour objectif de détruire la valeur du pays à plus ou moins long terme.
C’est la mentalité « Après moi, le déluge ! ». Mais peut-on en être surpris ? Qu’attendre d’autre de politiciens dont les mandats ne durent que quelques années et qui savent qu’ils seront délogés aux prochaines élections. La destruction du pays est une réponse rationnelle aux incitations que la démocratie donne aux hommes de pouvoir (en l’occurrence : privilégier le court terme). Les partisans de la démocratie – s’il y en a encore – devraient réfléchir sérieusement à ça…


